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Chronique d'un salaud de patron

« Chronique d’un salaud de patron » : PDG au quotidien

par Louise PASTOURET

Les blondes sont connes. Les noirs dansent bien. Les patrons sont des salauds.

En règle générale, l’Homme aime classer ce qui l’entoure. Mettre des étiquettes, ranger les choses dans des cases. C’est notre façon de fonctionner, depuis très longtemps, et en soi ça n’a rien de franchement répréhensible. Sauf que ces cases, ces étiquettes, sont parfois appliquées sans grand effort de réflexion. Parce que c’est plus facile. Même s’ils ne correspondent pas à la réalité, ces stéréotypes sont omniprésents. Et à force de les entendre constamment, rabâchés par notre entourage, on finit par être persuadés de leur vérité.

Tous des salauds, les patrons ?

C’est ce que Julien Leclercq cherche à démontrer – et à démonter – dans son livre. Chef d’entreprise depuis quelques années, il a décidé de prendre la plume, lassé des clichés qui collent aux basques de son métier.

L’image véhiculée sur les patrons est rarement flatteuse. Croquemitaines de l’entreprise, leur passion secrète consisterait à maltraiter leurs employés tout en se remplissant les poches. Jusqu’au jour béni où les comptes de la société sont enfin dans le rouge. C’est alors le moment de licencier tous les travailleurs inutiles, pendant que ces chers PDG s’empressent de filer aux Bahamas pour profiter de leur parachute doré.

Parfois, l’actualité donne raison à ceux qui racontent ces histoires caricaturales. Souvent les abus et malversations ont lieu dans des grands groupes, et leur médiatisation renforce le cliché négatif à l’encontre des chefs d’entreprise.

« Bienvenue dans la vraie vie d’un patron de PME »

C’en est trop pour Julien Leclercq, qui commence son ouvrage par un rappel : l’essentiel du paysage économique français est composé de PME (Petites et Moyennes Entreprises), à savoir des sociétés qui emploient moins de 250 salariés. Il est lui-même à la tête d’une agence qui emploie une quarantaine de salariés. Cette entreprise a d’ailleurs été, comme beaucoup d’autres, durement touchée par la crise de 2008. Difficile dans ces conditions de rêver de primes mirobolantes…

Pour lutter contre la défiance des français à l’égard des chefs d’entreprise, il a choisi de décrire son quotidien. Trains en retard, contraintes administratives ubuesques, institutions financières inflexibles, recrutements houleux, horaires à rallonge, vie de famille inexistante. Beaucoup d’obligations, de menaces de sanctions, d’avertissements, rappels, contrôles, redressements.

entrepreneur

Sans verser dans les lamentations systématiques, puisqu’il parle également des bons côtés de la fonction, l’auteur montre tout de même que son quotidien de patron n’a pas grand-chose de glamour. Et bien que fier de son métier, il en déplore la solitude, ainsi que le manque de soutien accordé par l’Etat et les institutions. Beaucoup de bâton mais peu de carotte, en somme.

Finalement, avec son ouvrage au titre provocateur, Julien Leclercq dévoile la réalité du terrain, bien loin des bonus à six zéros. Son ton humoristique ne l’empêche pas d’exprimer franchement son propos. Ce livre d’une centaine de pages est donc à la fois agréable à lire, et instructif.

Chronique d’un salaud de patron – Julien Leclercq

144 pages – paru le 01/06/2017 aux éditions Eyrolles – 16€.

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