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Entrepreneur ? Découvrez les couveuses d’entreprises

par Louise PASTOURET

Cher lecteur, chère lectrice, en ce moment tu te trouves peut-être à un carrefour de ta vie. Un de ces moments où on remet les choses à plat, parce qu’on se pose pas mal de questions. D’où je viens, où est-ce que je vais ? Un vrai bilan existentiel, en somme. Parfois, ça passe par une remise en question professionnelle. Des années dans la même entreprise, au même poste, dans le même domaine d’activité… ça peut finir par lasser.

Depuis mon divorce à l’amiable avec le salariat, en juillet 2016, j’ai rencontré pas mal de personnes qui traversent cette phase d’incertitude professionnelle. Je les ai croisées dans des ateliers, des conférences ou des salons sur le thème de l’entrepreneuriat. Cela fait moult années qu’elles occupent le même poste, pas très funky il faut l’avouer, dans des domaines comme l’immobilier, le conseil juridique, la comptabilité. Et tout d’un coup, elles se prennent à rêver de liberté. Elles réalisent qu’elles ont encore bien des années de carrière devant eux… alors pourquoi ne pas exercer un métier qui les passionne ? Devenir artiste-peintre, ouvrir une pâtisserie, créer des bijoux à base de matériaux recyclés ou encore des meubles en carton… tout est possible !

En plus, l’époque semble propice à l’entrepreneuriat. S’immatriculer en tant que micro-entrepreneur n’a jamais été aussi facile. Et tous les jours ou presque, une nouvelle success story parvient à nos oreilles. Mais si, vous savez, ce trio de jeunes étudiants/ce couple baroudeur/cet entrepreneur autodidacte qui a réussi à lever un million d’euros pour commercialiser un site web/une application mobile/un produit ré-vo-lu-tion-naire. Forcément, ça suscite des envies, ça fait naître des vocations. Pourquoi subir un burn-out – ou un bore-out, en fonction des professions – alors qu’il semble si facile de tout plaquer pour enfin vivre de sa passion ?

Personnellement, je trouve cette tendance tout simplement géniale. On devrait tous pouvoir s’éclater dans notre job, vu le temps qu’on y passe. Nombreux sont ceux qui passent davantage de temps avec leurs collègues qu’avec leur famille. Sauf que les enfants grandissent, et un jour on réalise qu’on est passé à côté de quelque chose d’important. Ce qui est encore pire si en plus on exerce un travail peu épanouissant.

Concrètement, comment devient-on entrepreneur ?

Le hic, c’est que derrière l’image d’Epinal de l’entrepreneur auréolé de gloire, il y a un long chemin semé d’embûches. Quand j’ai décidé de créer mon propre emploi, j’ai pris conscience que j’allais avoir besoin d’un accompagnement. D’une personne ou d’un organisme qui m’aiderait à défricher cette jungle. J’ai senti que j’avais besoin de formations pour devenir entrepreneur, parce que c’est un vrai métier et que ça s’apprend. Besoin également d’un référent, ou d’un mentor, appelez-le comme vous le voulez : en bref, d’un interlocuteur fiable qui sache me dire si je vais droit dans le mur.

Le problème, quand on devient micro-entrepreneur, c’est qu’on se retrouve patron du jour au lendemain… sauf qu’on est seul. Et puis même si ce statut juridique permet de limiter la casse en cas de pépin, il faut assumer ses responsabilités, parce que les factures ne tardent pas à s’empiler. Beaucoup de pression en perspective pour un aspirant entrepreneur ! Surtout si le projet qu’on porte est un peu fou, et qu’on n’est pas vraiment sûr que le succès soit au rendez-vous.

Dans ce cas, deux alternatives s’offrent à vous : le portage salarial, ou la couveuse d’entreprises pour laquelle j’ai opté. J’aimerais vous en dire quelques mots, parce que c’est une solution encore trop méconnue.

Qu’est-ce qu’une couveuse d’entreprises ?

Il s’agit d’un organisme qui vous donne les moyens de tester votre projet sur le terrain, sans passer par une immatriculation en tant qu’entreprise. Tout ceci est encadré sur le plan légal par un contrat entre l’entrepreneur et la couveuse : le CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise). D’une durée de 12 mois (ou moins), ce contrat est renouvelable deux fois. Donc dans les faits, vous pouvez bénéficier d’un hébergement juridique en couveuse pendant trois ans. C’est une durée raisonnable pour tester son projet ! Généralement, les porteurs de projet s’accordent un an à un an et demi pour vérifier que leur activité est viable. Evidemment, l’objectif est ensuite de quitter la couveuse pour monter son entreprise « pour de vrai », une fois que l’on s’est assuré qu’on pourra en tirer des revenus réguliers.

Concrètement, que fait la couveuse ? Elle vous permet d’exercer votre activité en toute légalité puisqu’elle vous prête :

  • sa domiciliation
  • son numéro de SIRET
  • son assurance

Et comme un entrepreneur en contrat CAPE s’engage à se former, la couveuse organise également des modules de formation. Prospection commerciale, comptabilité, communication… tous les aspects de la profession d’entrepreneur sont abordés.

L’avantage du contrat CAPE, c’est que l’entrepreneur conserve son statut social. Autrement dit, vous pouvez parfaitement tester votre activité en couveuse tout en continuant à percevoir l’intégralité de vos allocations chômage. D’ailleurs, mieux vaut prévoir une source de revenus disponibles pendant cette période. En effet, l’intégralité du chiffre d’affaires réalisé pendant votre passage en couveuse est bloqué jusqu’à la fin du contrat CAPE. Mais vous pouvez quand même vous servir des sommes gagnées pour rembourser les dépenses liées à votre activité.

En ce qui concerne la rémunération de la couveuse, je vais parler de celle que j’ai intégrée : Interface. En effet, je ne sais pas si les autres couveuses fonctionnent exactement de la même façon… mais ça vous donnera déjà un point de repère. Ma couveuse se rémunère de deux manières différentes : tout d’abord, je lui verse un montant fixe de 45€ chaque mois. Puis, à la fin de mon contrat, la couveuse prélèvera un pourcentage sur le chiffre d’affaires total réalisé pendant ma période de test.

Enfin, quand on intègre une couveuse, on peut compter sur un suivi régulier assuré par l’un des référents. Ce qui permet de faire le point, mois après mois, sur l’avancement du projet, et sur la direction à suivre. En en bonus, on fait la connaissance des autres entrepreneurs de la couveuse… avec lesquels on peut échanger puisqu’on rencontre tous les mêmes problématiques.

Je pense avoir fait le tour des bonnes raisons d’intégrer une couveuse. En résumé, cela permet de tester son activité sur le marché sans renoncer aux prestations sociales, de se constituer une vraie clientèle, et de mettre de l’argent de côté pour l’investir ensuite dans le « vrai » lancement de son activité.

C’est une solution qui gagnerait à être connue : je croise encore beaucoup d’entrepreneurs qui n’en ont jamais entendu parler. Maintenant, vous êtes au courant : alors parlez-en autour de vous. On ne sait jamais, ça pourrait intéresser ce voisin, là, qui rêve de tout plaquer pour devenir forgeron ;).

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1 commentaire

Marty 1 février 2017 - 20 h 46 min

Article très intéressant ! Bonne continuation dans tes projets

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