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Dessiner avec Google pour éduquer une A.I.

par Louise PASTOURET
Publié : Mis à jour le

Il y a quelques mois, Google a lancé sur le net un de ces petits programmes dont il a le secret. On pourrait le comparer à un Pictionary – mais si, vous savez, ce jeu où vous devez dessiner des mots et les faire deviner (plus ou moins bien selon votre talent naturel). Sauf que là, il s’agit d’une version numérique : face à votre écran, vous dessinez à la souris (sur PC) ou au doigt (sur tablette). C’est une intelligence artificielle qui est chargée de décrypter la signification de votre gribouillage : est-ce une trompette, ou bien un chien ?

L’objectif du programme est annoncé dès l’écran d’accueil : amusez-vous à dessiner, et en même temps une intelligence artificielle apprendra à associer chaque croquis à un mot.

Allez, c’est parti ! Les développeurs sont gentils, ils annoncent à l’avance le mot à dessiner. Comme ça vous avez le temps de réfléchir pendant quelques instants à l’aspect de votre oeuvre d’art.

Vous êtes prêt ? Top chrono, c’est le moment de vous glisser dans la peau de Léonard de Vinci. Vous êtes prié d’être efficace : le chronomètre interrompt votre création au bout de 20 secondes.

Au fur et à mesure que vous tracez des lignes, l’A.I. (artificial intelligence) émet des hypothèses en fonction de ce qu’elle reconnaît. Celles-ci s’affichent en bas de l’écran, jusqu’à ce que la bonne réponse apparaisse. Notez que vous n’aurez pas le temps de finir votre chef d’oeuvre si le mot est deviné, puisqu’on passe directement au dessin suivant.

Au total, on vous demande de dessiner six mots différents. Si vous êtes particulièrement fier de votre production, vous pouvez même partager vos croquis sur les réseaux sociaux.

Passons à la minute ludique : essayez de deviner ce que le programme m’a demandé de dessiner. Bon courage…

(Astuce: zoomez sur la photo, les réponses apparaissent en-dessous de chaque gribouillage).

Ce qui est sympa, c’est qu’en cliquant sur chaque dessin vous aurez une meilleure idée de la façon dont le programme s’y est pris pour deviner la bonne réponse. Par exemple, si on revient à notre marguerite :

Apparemment, la manière dont j’ai dessiné cette fleur a évoqué d’autres concepts à notre ami digital. Un chien, ou un moustique. Pour cela, il se base sur les milliers de dessins qui lui sont proposés par toutes sortes d’individus. D’ailleurs, si vous êtes curieux, vous pouvez admirer toute une galerie d’œuvres anonymes sur le même thème :

Il y a des dessins minimalistes, d’autres plutôt soignés, d’autres originaux (« au diable la marguerite, je vais dessiner une tulipe ! »). Mais globalement tous ces dessins se ressemblent fortement, et contribuent à former dans « l’esprit » de cette intelligence artificielle ce à quoi correspond le mot fleur.

Les développeurs de ce programme ont publié une vidéo que je partage ci-dessous. Elle explique plutôt bien comment une machine peut apprendre à reconnaître tel ou tel objet, en assimilant des centaines, des milliers, des millions de dessins.

Ce qui est intéressant, c’est de découvrir que les gestes effectués et l’ordre dans lequel vous tracez vos traits constituent des éléments importants dans la reconnaissance du dessin, de la même manière qu’un idéogramme chinois n’est pas tracé n’importe comment.

Allez, je sais que vous mourrez d’envie d’essayer… c’est par ici.

L’avenir du machine learning

Cette petite expérience ludique permet d’entrevoir un domaine scientifique amené à prendre une ampleur croissante dans les années à venir. Il s’agit du machine learning, que l’on peut traduire par apprentissage automatique.

Lorsque les problèmes sont trop complexes, créer un algorithme pour indiquer à la machine comment se comporter devient bien trop difficile. C’est le cas pour les différents langages, les sons de la nature, la musique, mais aussi la reconnaissance d’objets ou l’identification des émotions. Dans ces cas-là, au lieu qu’un développeur dicte à la machine un certain nombre de règles, c’est la machine elle-même qui identifie les motifs récurrents au fur et à mesure. On peut alors considérer qu’elle apprend toute seule.

Spontanément, cela pourrait nous évoquer les robots développés au Japon, un pays en pointe dans ce domaine. Mais bien d’autres programmes utilisent le machine learning, sans forcément disposer d’une forme humanoïde. Et les applications sont infinies.

Par exemple, si vous stockez vos photos sur la plateforme dédiée de Google, vous pouvez effectuer une recherche thématique parmi vos images. Tapez « feu d’artifice » et tadaaa ! Toutes vos photos de feux d’artifices apparaissent, parce que le programme sait désormais faire la différence entre les festivités du 14 juillet et votre repas de Noël en famille.

Je vous invite à consulter le site A.I. Experiments, créé par Google pour présenter différents projets qui relèvent de ce domaine particulier. « Quick, draw » en fait d’ailleurs partie. Il est possible de tester soi-même chaque expérience, puis d’accéder au code source disponible en libre accès. Ce qui permet ensuite de créer sa propre application – avis aux développeurs et aux bidouilleurs en tout genres !

Des controverses en perspective

Evidemment, tout cela soulève pas mal de questions. Une machine intelligente serait-elle en mesure de prendre la place des hommes ? Un certain nombre d’œuvres de fiction ont abordé ce sujet. Mais le débat se poursuit désormais parmi les scientifiques du monde entier.

En tout cas, une chose est sûre : ça vaut le coup de se tenir au courant des progrès dans ce domaine fascinant !

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