Accueil Technologies Facebook et la protection des données : l’affaire Cambridge Analytica
Cambridge Analytics Facebook

Facebook et la protection des données : l’affaire Cambridge Analytica

par Jérémy PASTOURET
Publié : Mis à jour le

Facebook utilise nos données personnelles à mauvais escient : ce n’est pas nouveau, tout le monde le sait déjà. Aujourd’hui, ce sont nos amis américains qui en sont victimes. Le 20 mars 2018 restera un grand jour pour tous ceux qui appellent à un renforcement de la protection des données personnelles. En effet Facebook a fait un pas de travers, touchant un gros paquet d’individus ; ce qui suscite en ce moment un sacré bad buzz.

Cette information qui nuit tant à Facebook provient du New York Times et The Guardian (l’article est consultable en cliquant sur les deux liens).

Pour vous résumer l’affaire : l’entreprise The Observer, Cambridge Analytica (CA) a récupéré les données personnelles de cinquante millions d’internautes afin de les analyser. Ceci dans le but d’établir leur profil psychologique et de les influencer en leur proposant des contenus ciblés. Mais à quelle fin ? Tout simplement pour modifier les votes des électeurs. Par exemple faire élire Donald Trump, ou faire passer le Brexit. Franchement, ça donne la chair de poule. Cette histoire démontre une chose : avec vos données personnelles, et en sélectionnant soigneusement les informations que vous voyez tout les jours, on peut réellement vous influencer. Et orienter vos décisions dans un sens ou dans un autre.

 

Comment tous ces utilisateurs ont-ils pu être manipulés ?

Une application nommée « thisisyourdigitallife » a permis l’accès non seulement aux données de ses utilisateurs, mais aussi à leur localisation et la liste de leurs amis. A l’origine, elle permettait de répondre à un questionnaire rémunéré pour une étude académique. Toutes les données personnelles ont ainsi été collectées sans le consentement des participants, sous un faux prétexte. Comment ces données ont-elles été utilisées par la suite ? Il a été démontré qu’elles ont servi à établir le profil psychologique de toutes ces personnes. Par la suite, celles-ci ont notamment reçu des publicités ciblées pro-Trump les incitant vivement à voter pour lui.

 

L’intervention de Facebook

Facebook a suspendu tout accès à la société britannique qui a récupéré les informations. Ainsi qu’à Strategic Communication  Laboratories (SCL) pour avoir violé les règles concernant la collecte et la conservation des données. Difficile pourtant de croire que le réseau social n’avait pas été mis au courant de la situtaion bien avant. Le directeur de la sécurité chez Facebook ne devrait pas tarder à faire ses valises. Ces révélations s’avèrent très coûteuses pour la société. A la fois en termes d’image, d’argent (le cours des actions Facebook a brutalement perdu 6.77% selon Boursier.com) et d’utilisateurs.

 

Le réveil des utilisateurs

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les utilisateurs de Facebook n’ont pas apprécié la nouvelle. Ils ont lancé le hashtag #DeleteFacebook sur Twitter. On y admire moult impressions d’écran de personnes qui ont supprimé leur compte. Je me demande bien vers quel réseau social elles vont désormais se tourner (pas vers Vero, il faut espérer).

 

Conclusion

J’espère sincèrement qu’avec ce genre d’électrochoc les internautes vont se réveiller. Qu’ils arrêteront d’exposer leur vie entière sur le web, et feront enfin attention aux services qu’ils utilisent. Aujourd’hui, nous avons la preuve incontestable de la puissance écrasante des réseaux sociaux. Et des dommages que ces outils peuvent causer lorsqu’ils tombent entre de mauvaises mains. Ce qui m’a étonné, et je trouve ça grave, c’est qu’une entreprise ait pu utiliser à sa guise les outils mis à disposition par Facebook. Ce qui veut dire que n’importe qui pourrait faire la même chose : développer une application pour récupérer du contenu. Puis envoyer de la publicité ciblée, avec des data scientists et de l’argent.

Alors faites vraiment attention. Arrêtons d’être assistés ! De nombreux outils et alternatives existent. Il suffit de les chercher et de ne pas faire comme tout le monde, pour qu’un jour les choses se passent normalement. La RGPD arrive le 25 mai et beaucoup de personnes en parlent. J’espère que cela favorisera un internet plus neutre et moins corrompu. Mais pour que cela fonctionne, il faudra beaucoup de contrôles et des entreprises qui suivent les règles.

Pour plus d’informations, voici l’interview d’un ex-employé de Cambridge Analytica (en anglais assez compréhensible) :

Voici mes différentes sources : FranceTvInfo, The Guardian, The New York Times, et le Journal du Geek.

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.