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Le passager du TER qui adorait les sacs

par Louise PASTOURET
Publié : Mis à jour le

Chaque jour, on croise des centaines de gens – ou des milliers, ça dépend dans quelle ville on habite. Et parmi toutes ces personnes, il y en a parfois une qui sort du lot. Quelqu’un que l’on remarque, qui nous fait sourire par son attitude, qui nous agace par ses propos. On rentre chez soi et on y repense. Parfois c’est quelqu’un avec qui on a échangé quelques mots, parfois juste des coups d’œil… en quelques traits, en quelques mots, les voilà qui (re)prennent vie sur ce blog.

Portrait instantané

Quand je m’installe dans le TER, un autre passager est déjà assis en face de moi. Il doit avoir le même âge que moi, plus ou moins. Il m’aborde spontanément, avec un compliment sur le sac en toile qui me sert à transporter mon déjeuner. Celui-ci, à l’effigie du logo d’une compagnie de bus, est vieux et sale.

C’est le prétexte à une conversation de trois quarts d’heure entre deux jeunes qui cherchent le sens de la vie, et leur place dans la société. Il a fait des petits boulots, principalement vendeur dans des magasins de fringues. Mais là, il réalise son rêve : ouvrir une épicerie fine dans sa petite ville de Provence. Il a bataillé pour obtenir le local qu’il couvait des yeux chaque fois qu’il passait devant. Sa famille le soutient, elle est presque trop présente. Son commerce ouvre bientôt, il peaufine les derniers détails avant l’ouverture. Malgré le stress et les doutes, il me confie qu’il ne regrette absolument rien. Que le mieux, c’est de tenter l’aventure et d’être son propre patron.

Mais déjà, me voici arrivée à mon arrêt. Quand je me lève pour partir, il remarque que mon sac à main et son portefeuille proviennent de la même enseigne, de la même collection. Je salue ce passager insolite, dont les goûts pour la maroquinerie sont identiques aux miens. Je lui souhaite bonne chance, j’espère que son commerce marchera bien.

En tout cas, une chose est sûre : je ne connaîtrai jamais la suite.

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