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Incroyables Comestibles : un potager pour tout changer

par Louise PASTOURET
Publié : Mis à jour le

Nous sommes déjà à la mi-novembre et l’hiver approche à grand pas. Pourtant, sur notre balcon, le potager n’a jamais été aussi florissant. Les poivrons, les fraises, les tomates et les pommes de terre continuent de pousser et sont encore plus beaux qu’en plein été ! Regardez-moi ça :

Cette générosité tardive (et inattendue) de Mère Nature me donne envie de vous parler d’une initiative qui a vu le jour en Angleterre, il y a quelques années. Les Incroyables Comestibles, ça vous dit quelque chose ? Vous avez peut-être eu l’occasion, lors d’une balade en ville, de tomber sur un mini-potager au détour d’une rue. Celui-ci a certainement été créé par les bénévoles Incroyables Comestibles de la commune.

IC Colroy la Roche

Mais reprenons dans l’ordre. Ce mouvement citoyen est né en 2008, grâce à la bonne idée de deux anglaises qui se demandaient comment faire leur part pour aider la planète concrètement. C’est ainsi que sont nés les Incredible Edible, en version originale. Leur initiative a été présentée dans le documentaire Demain, qui a rencontré un succès fulgurant en présentant des initiatives positives et concrètes pour changer le monde. J’en ai parlé il y a quelques mois et je vous laisse (re)lire l’article consacré à ce film. Regardez les fondatrices prendre la parole dans cet extrait et expliquer les objectifs de ce mouvement :

L’idée de Pam Warhurst et Mary Clear, c’est de se réapproprier les espaces négligés dans la ville pour les valoriser grâce à la nourriture. C’est aussi de créer des zones de rencontre, d’échange, de partage, d’apprentissage. A cet égard, leur slogan est particulièrement pertinent :

If you eat – you are in !

On pourrait le traduire par : « s’il vous arrive de manger… alors vous faites partie du mouvement ! »

Imaginez…

Imaginez un bout de terrain vague et moche, comme il y en a tant en ville. Il ne sert à rien, à part pour les propriétaires de chiens qui laissent leur animal domestique y déposer de petits cadeaux. Les gens passent devant sans y faire attention, où alors juste le temps de remarquer l’odeur. Les mégots et canettes vides viennent compléter le tableau.

Maintenant imaginez qu’une communauté locale d’Incroyables Comestibles se crée à cet endroit. La mairie leur accorde l’autorisation de planter un potager sur ce terrain. Les bénévoles y passent du temps : ils plantent, bêchent, arrosent, surveillent les pousses qui se développent. Quand les habitants du quartier passent par là, ils sont intrigués par cette nouveauté, et posent des questions pour en savoir plus. Quand ils apprennent qu’il s’agit de faire pousser de la nourriture « en libre service », ils trouvent l’initiative intéressante. Certains prennent l’habitude d’arroser les plantes à leur tour. Des personnes de tous âges se croisent et discutent autour d’un plant de fraises.

Incroyables Comestibles

Au fil des mois, ce qui n’était qu’un champ de détritus se transforme en un espace vert comestible, partagé et dynamique. Les plantes ont poussé, des liens se sont noués. Les bénévoles s’approprient de plus en plus d’espaces, auparavant laissés à l’abandon. Quelques écoles intègrent le mouvement, les enfants apprennent eux aussi à jardiner.

jardinage

Evidemment, pas d’engrais ni de pesticides : tous les fruits et légume sont bio.

Alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Il suffirait, tel Candide, de « cultiver notre jardin » pour résoudre tous les problèmes ? Evidemment que non. Ce n’est d’ailleurs pas la prétention des Incroyables Comestibles.

Envisager des alternatives

En partant de l’agriculture, une activité humaine parmi les plus simples et les plus nécessaires qui soient, les Incroyables Comestibles souhaitent ouvrir la voie aux alternatives. Qui ne s’est jamais demandé comment bouleverser cet ordre établi qui abîme la planète ? Et comment s’y mettre, concrètement ?

La malbouffe industrielle, les milliers de kilomètres parcourus par les denrées alimentaires, les producteurs locaux exploités par les grandes centrales : ça semble immuable. Et pourtant, le changement peut commencer par un potager partagé. Pour retrouver le goût des produits et leur juste saisonnalité. Afin de réaliser le travail nécessaire pour faire pousser des légumes dans le respect de la terre. Et aussi pour échanger entre citoyens, et prendre conscience du pouvoir que nous avons en tant que consommateurs.

La ville d’Albi s’est d’ailleurs engagée dans un processus d’autosuffisance alimentaire en partenariat avec les Incroyables Comestibles. C’est un concept qui, il y a peu, faisait passer ses défenseurs pour de parfaits utopistes. Mais aujourd’hui, une commune s’engage dans cette voie avec un objectif fixé à 2020, d’ici 4 ans. Je vous invite à regarder cette vidéo :

Plutôt inspirant, non ?

Pour conclure cet article, je vous invite à faire un tour sur le site des Incroyables Comestibles (merci à eux pour les jolies photos !). N’oubliez pas de lire leur charte fondamentale. Et ne sous-estimez jamais un plant de tomates, il peut changer votre quartier, votre ville, et même le monde 😉.

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2 commentaires

François Rouillay 19 novembre 2016 - 9 h 47 min

Bonjour Louise et merci pour le partage de ce bel article inspirant. Cela me fait plaisir de voir ici des photos du premier bac de nourriture à partagé réalisé avec mon fils à Colroy la Roche, en 2012. Depuis tout ce temps, il y en a eu bien d’autres des bacs et des jardins à partager. Oui, « un potager pour tout changer », j’aime bien le titre de cet article. C’est le pouvoir des petites actions dont parlent Mary Clear et Pam Warhurst. Et ce pouvoir est immense. Après la ville d’Albi à s’être lancée dans l’aventure merveilleuse de l’autonomie alimentaire en 2014, c’est au tour de Rennes depuis le 27 juin dernier.

Et maintenant, je vous invite à regarder en direction de l’Atlantique Nord, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Les graines de partage ont aussi été semées sur l’archipel de ce territoire d’Outre-Mer.

En vous souhaitant un bon week-end.

Bien amicalement

François

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Louise NICOLAS 22 novembre 2016 - 10 h 45 min

Bonjour, je vous remercie pour votre histoire qui illustre bien le chemin parcouru ! Et qui apporte une touche personnelle à cette jolie photo 🙂

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