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La nature dans l'assiette

Nature, agriculture intensive & alimentation

par Louise PASTOURET

Les AMAP, vous connaissez ? En tout cas, cet acronyme vous dit sûrement quelque chose. AMAP signifie Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne. Personnellement, je trouve que c’est un nom assez militant. On comprend vite que si certains veulent défendre une agriculture paysanne, c’est parce que notre modèle de consommation dominant ne lui laisse plus tellement de place.

Le monde merveilleux de l’agriculture intensive

Les fruits, les légumes, les œufs, le fromage, le pain ou le miel : aujourd’hui toutes leurs variétés sont disponibles dans un seul et même endroit : le supermarché. C’est garanti ! Quelle que soit la période de l’année vous y trouverez ainsi des tomates, ou du fromage de chèvre. D’ailleurs tout le monde trouve ça normal. Ce sont les progrès de l’agriculture qui ont rendu possible cette disponibilité et cette abondance, 365 jours par an. Et le progrès, c’est bien, non ? Sauf qu’on a oublié que la nature possède son propre rythme. C’est ce qu’on appelle la saisonnalité, et c’est bien ce qui coince lorsqu’on veut consommer des melons en janvier.

Melon

Dès lors il faut recourir aux grands moyens. Mais le problème, quand on bidouille avec la nature, c’est qu’elle ne se laisse pas forcément faire. Alors pour la booster, pour la dompter, il faut mettre le paquet. C’est là qu’intervient l’agriculture intensive – dite aussi agriculture conventionnelle. C’est dire si elle est entrée dans les mœurs… on considère désormais que c’est la norme.

Pesticides, rendements et standardisation

On applique donc à la nature les mêmes méthodes qu’à l’usine, avec pour objectif cette sacro-sainte productivité. C’est ce qui justifie, entre autres, l’arrosage généreux des cultures avec toutes sortes de pesticides. Les rendements sont soigneusement calculés, et la terre ferait bien de s’y tenir. D’ailleurs, certaines variétés sont plus dociles que d’autres. Ce n’est pas grave, il suffit d’éliminer les fortes têtes. Le vivant devient standardisé, la biodiversité sonne comme un gros mot.

Dans les rayons de supermarché, l’imperfection n’a pas sa place : les pommes sont lustrées, les courgettes calibrées. Sauf que la nature se venge : maltraitée, elle offre des fruits insipides, des légumes sans goût. On finit par payer cher des produits qui viennent souvent de loin. Ils sont couverts de pesticides, et quand on croque dedans on regretterait presque de les avoir achetés.

Disgusting

Sans nul doute, cette vaste opération s’avère particulièrement juteuse pour certains. Pour d’autres, en revanche, c’est tout simplement catastrophique. Les agriculteurs craquent sous la pression des rendements, soumis à des exigences de productivité toujours plus grandes pour des prix toujours plus bas. Dans ces conditions, comment vivre décemment de son métier ? Comment être fier de ses produits ?

Changer ses habitudes

Il est temps de regarder la situation en face : c’est à nous de changer ça. Tout commence dans l’assiette. N’y a-t-il aucune alternative à ces fruits qui ont à peine plus de goût que l’eau du robinet ? Tant pis si les carottes sont biscornues, s’il y a des tâches sur les prunes ou si un escargot traîne dans la salade. Nous sommes certainement capables de renoncer à cette exigence aberrante d’un visuel toujours parfait.

Légumes biscornus

Alors peut-être qu’on pourrait faire un tour à l’épicerie bio. Au moins, on est sûr que les fruits et les légumes n’ont pas été traités. Et puis on retrouve davantage de saveur dans les aliments. Mais biologique ne veut pas forcément dire local : vous ne tardez pas à vous en apercevoir, au vu des pays d’origine affichés sur les étiquettes.

Et puis, un jour, vous entendez parler des AMAP.

Dans cet article, j’ai choisi de décrire le cheminement qui nous a conduit vers l’association de notre ville. Dans une prochaine publication, je vous en dirai plus sur l’AMAP elle-même. D’ici-là, bon appétit 😉

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