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Numérique, planète et énergie

Numérique, planète et société : la Tech for Good au Blend Web Mix (2)

par Louise NICOLAS

Pour rédiger cet article, je me suis basée sur les conférences de deux intervenants du Blend Web Mix 2019. (Si ce nom ne vous dit rien, vous pouvez commencer par lire mon premier article sur le sujet.)

  • Gauthier Roussilhe : sur son site internet low tech, il se présente comme “designer et chercheur sur/pour une terre limitée”. Sa conférence du 14 novembre proposait de “Repenser le numérique dans les limites planétaires”.
  • Romuald Priol : sur son site, il se définit comme : “développeur de services numériques responsables”. Il a conclu ces deux journées de conférences par une intervention intitulée “Tech for Good & Good for Tech”.

Impossible de passer à côté de ces présentations au vu d’un tel programme, mêlant écologie et technologies. Voici donc un récapitulatif des concepts importants qui ont été présentés. Mais aussi des pistes de réflexion et d’action à creuser, pour que le numérique ne devienne pas un vrai problème pour la planète.

Une planète aux ressources finies, à l’énergie limitée

Voici un fait désormais admis par tous (excepté par quelques irréductibles) : certaines activités humaines dégagent du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ceci contribue au réchauffement climatique, avec toutes ses conséquences sur la planète et ses habitants. Nous avons pris conscience de l’impact des transports, de l’extraction des ressources fossiles ou de l’agriculture. Mais il existe un domaine dont les retombées restent encore largement ignorées du grand public : le numérique.

Appareils et infrastructures du numérique

En effet, de nombreuses machines et infrastructures nous permettent de profiter du numérique aujourd’hui. Pourtant, leur coût environnemental et social est élevé. La raréfaction des matériaux nécessaires au fonctionnement des ordinateurs, tablettes et smartphones est avérée. Ceci suscite des interrogations légitimes sur l’avenir du secteur à moyen voire court terme. Les conditions d’extraction de ces matériaux et de fabrication des appareils commencent également à être connues, et dénoncées.

Tech addict

Cependant, le numérique est désormais omniprésent et le nombre d’appareils ne cesse d’augmenter à travers la planète. La frénésie des consommateurs, à la recherche des appareils dernier cri, n’y est pas étrangère. Or ceux-ci sont coûteux à fabriquer, coûteux à l’usage et coûteux en fin de vie. Nous ne pouvons plus nous en passer. Pourtant les effets de notre dépendance sont clairement néfastes. Les émissions de gaz à effet de serre du numérique sont désormais considérées comme une véritable pollution.

L’énergie n’est pas inépuisable

La question des énergies se pose. Les ordinateurs, serveurs, antennes-relais, data centers ont besoin d’électricité pour fonctionner. Or nos besoins ne font que s’accroître, tandis que les capacités de production ne sont pas extensibles à l’infini. La 5G est sur toutes les lèvres. L’IoT (Internet des Objets) colonise les maisons du monde avec ses assistants virtuels. On engloutit des flots d’énergie, en oubliant qu’elle n’est pas inépuisable. Et lorsque nous la paierons à son prix réel, tous les usages superflus deviendront particulièrement coûteux.

L’effondrement d’un mythe

“Dématérialisé” : comprenez “plus rapide”, “plus léger”, “libéré des contraintes physiques”. C’est sûr, quand on allume l’ordinateur pour commander un produit, difficile de visualiser la mécanique qui rend l’opération possible. Câbles, antennes, data centers, etc. Mais ce n’est pas parce qu’on n’y pense pas que ça n’existe pas. Les conséquences du numériques sur les ressources disponibles, le réchauffement climatique et les populations sont bien réelles. Le numérique devient dangereux parce qu’il est en pleine croissance. Rappelons-nous que les ressources ne sont pas illimitées, l’énergie n’est pas abondante. Et le concept de dématérialisation masque complètement la réalité du terrain.

Alors, que fait-on ?

Energie limitée

En même temps, il paraît difficile de revenir en arrière et de se passer complètement de ces technologies qui ont transformé nos sociétés et notre quotidien en profondeur. Mais il serait temps de revoir nos usages et nos habitudes.

Nous sommes devenus addicts à l’instantanéité et à la disponibilité permanente du numérique. A tout moment, et toujours plus vite : voici les principes qui régissent nos existences. Une page web met plus de trois secondes à charger ? On zappe. A 3h du matin, on commande des produits à l’autre bout du monde. Pourtant, qui exigerait que tous les commerces physiques restent ouverts H24 ? Qui ferait un scandale parce qu’il faut attendre son tour ? Les sites pourraient eux aussi avoir des horaires d’ouverture. La planète ne s’arrêterait pas de tourner pour autant.

Quelques pistes concrètes pour la planète

La planète à l'ère du numérique

Il est possible et nécessaire de revoir nos usages sur le Web. De prendre conscience que les ressources que nous consommons ne sont pas gratuites et illimitées. Car la sobriété s’applique aussi au numérique. On peut choisir de conserver ses appareils le plus longtemps possible. De les acheter d’occasion en cas de besoin. Vous êtes designer ? Vous avez un rôle à jouer pour construire des sites plus simples, plus légers, moins coûteux en énergie. Eh oui, l’écoconception s’applique aussi au numérique.

Le numérique est particulièrement énergivore. Une fois qu’on a pris conscience, on peut adopter des comportements un peu plus rationnels. Personne ne quitterait sa maison en laissant les lumières allumées et l’eau couler à flots. Alors pourquoi ne pas éteindre sa box la nuit, par exemple ? On peut également se montrer plus raisonnable sur les quantités de données que l’on envoie en ligne. Vidéos, photos, messages… chaque donnée stockée mobilise de l’énergie pour pas grand-chose. En bonus : ça ne peut faire que du bien à votre vie privée.

La low tech, avec des petits moyens et une réelle prise de conscience des ressources disponibles, est une piste à creuser dès maintenant. En effet, la sobriété et l’économie de moyens mène également à la performance. De même que la slow tech. Arrêtons de développer/d’être soumis à des algorithmes conçus pour que nous passions le plus de temps possible en ligne. A scroller, liker, et visionner des vidéos à la chaîne (merci l’autoplay).

Le numérique n’est qu’un outil à notre service. Nous avons donc la responsabilité d’analyser son impact sur la planète et d’adapter nos usages en conséquence.

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Numérique, planète et société : la Tech for Good au Blend Web Mix (2)
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Numérique, planète et société : la Tech for Good au Blend Web Mix (2)
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Le numérique et la planète sont-ils compatibles ? Pistes de réflexion et propositions d'action sur ce sujet crucial au Blend Web Mix 2019.
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Les Enovateurs
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