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Dans nos rues : plus d’art, moins de publicités

par Louise PASTOURET
Publié : Mis à jour le

Voici un constat que nous avons tous fait un jour ou l’autre, en se baladant en ville le nez au vent. Des panneaux d’affichage gigantesques dans les rues aux écrans dans le métro, tous les espaces de la ville sont colonisés par la réclame. Entre la télévision, la radio, Internet, les boîtes aux lettres et l’espace urbain, difficile de ne pas se sentir submergés par toutes ces publicités qui ne veulent qu’une chose : notre attention.

Certains trouvent que cette omniprésence publicitaire défigure les paysages. Personnellement, je ne peux pas leur donner tort. Et justement, parmi ces agacés, certains ont trouvé des idées originales : par exemple, détourner les publicités affichées. Cet article liste quelques-uns des artistes qui modifient les publicités, chacun à leur manière.

Quelques municipalités se sont saisies de la question, notamment la ville de Grenoble. En 2014, sous l’impulsion du maire écologiste Eric Piolle, la ville se débarrasse d’environ 300 panneaux publicitaires et les remplace par des arbres. Elle prévoit également de nouveaux espaces d’expression, dédiés aux associations et aux informations municipales. Cet article rédigé à l’époque par Le Figaro réalise un état des lieux des gagnants – et des perdants – de l’opération. Pour plus d’informations, je vous invite à consulter le site de la mairie de Grenoble. Comme quoi, c’est faisable…

 Aujourd’hui, une nouvelle tendance émerge : elle table sur le remplacement des publicités… par des œuvres d’art. Imaginez le résultat un instant : une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Des artistes qui peuvent enfin faire connaître leur travail au grand public, en bénéficiant d’une incroyable visibilité. Des passants qui profitent de la ville, sans avoir l’impression que les marques du monde entier en veulent à leur porte-monnaie.

Grâce à une campagne de crowdfunding, ce rêve est devenu réalité en juin 2016, l’espace d’un instant. Pendant une semaine à Montpellier, toutes les publicités d’une station de tram ont été remplacées par des œuvres d’art. Je vous laisse découvrir la vidéo du projet :

Suite à cette initiative, une pétition adressée à Valérie Pécresse a été lancée sur change.org. Son objectif : remplacer les publicités du métro parisien par des œuvres d’art. A ce jour, presque 13500 personnes ont signé la pétition ; celle-ci vise 15000 signataires. Amis parisiens, à vos claviers !

Cette prise de conscience et ces projets émergents commencent à susciter des vocations, à l’image de la startup Ôboem. Cette jeune entreprise propose aux citoyens de sélectionner des artistes, puis de participer à une campagne de crowdfunding. Le but étant d’afficher les œuvres choisies dans la rue. En bonus, les contributeurs reçoivent également une reproduction de l’oeuvre soutenue. La première exposition en plein air aura lieu au printemps, dans la ville de Bordeaux.

C’est une solution intéressante, qui pourra certainement éveiller quelques consciences parmi le grand public. Mais il y a un hic : les fonds récoltés lors des campagnes de crowdfunding (généreusement versés par des particuliers) sont utilisés pour financer l’achat d’espaces publicitaires. Eh oui, remplacer les publicités par l’art, c’est tout sauf gratuit ! Alors qu’une décision de la part des pouvoirs publics aurait une portée bien plus significative. En effet, ceux-ci ont suffisamment de poids pour mettre un terme à leurs contrats avec les entreprises de panneaux d’affichage. C’est possible, on l’a vu avec la ville de Grenoble.

D’ici-là, tous les projets sont les bienvenus. En effet, les panneaux d’affichage rapportent également une rente aux municipalités ; or la plupart ne semblent pas prêtes à faire une croix sur ce revenu. En attendant, il est temps de soutenir tous les projets qui nous permettront, on l’espère, de mieux respirer dans les villes – et de faire de belles découvertes artistiques au passage.

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