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Lutte contre l'obsolescence programmée

L’obsolescence programmée : petites combines et grands profits

par Louise PASTOURET
Publié : Mis à jour le

L’obsolescence, qu’est-ce que c’est ? On qualifie d’obsolète un produit qui est dépassé. Par exemple, le minitel a rapidement été rendu obsolète par l’apparition du PC. Cela fait partie d’une évolution, en lien avec les progrès accomplis dans un domaine. Grâce aux nouvelles découvertes, certains produits cessent progressivement d’être utilisés.

Mais souvent l’obsolescence ne résulte pas d’un progrès. Il s’agit plutôt d’un système intentionnellement mis en place pour pousser les consommateurs à acheter davantage. Si une entreprise vise à développer à tout prix son chiffre d’affaires, il existe un certain nombre de moyens à sa disposition pour réduire la durée de vie de ses produits. Et ainsi, inciter ses clients à racheter des nouveautés.

L’effet de mode

Les gammes se succèdent, les collections aussi. Sans compter les éditions limitées, les collaborations exclusives… l’abondance des biens et de leurs variantes entretient un effet de mode constant. C’est parfois difficile d’y résister, en particulier pour des questions d’image en société. Qui oserait se pointer en réunion avec un ordinateur portable « dépassé » ?

C’est l’un des facteurs qui nous conduit à renouveler des produits encore parfaitement fonctionnels. Heureusement, on peut apprendre à remettre cette habitude en question. Et ça commence par des petits gestes : par exemple, se retenir de craquer pour le dernier Tshirt d’une enseigne de fast-fashion… alors qu’on en a déjà plein les tiroirs.

Pourtant, l’obsolescence programmée peut prendre d’autres formes plus pernicieuses. Les consommateurs qui en subissent les effets n’en identifient alors que rarement les causes.

L’intelligence au service de la destruction

La conception du produit peut être pensée dès le départ pour en limiter la durée de vie. En effet, le constructeur peut opter délibérément pour un mécanisme plus fragile. Ou pour rendre les réparations extrêmement difficiles, par exemple avec des pièces soudées ou collées. Les matériaux de mauvaise qualité et les éléments placés à des endroits stratégiques (favorisant leur usure) font désormais partie intégrante de la stratégie de certaines marques. Un design produit réfléchi dans les moindres détails… mais corrompu jusqu’à la moelle.

En prenant pour prétexte une modernisation de sa gamme, un constructeur peut également forcer ses clients à renouveler tous les périphériques associés. S’il n’est plus possible de réutiliser un chargeur sur la nouvelle version d’un appareil, dites-vous bien que ce n’est pas un hasard.

L’obsolescence programmée peut aussi relever d’une décision marketing, relative aux prix pratiqués par l’enseigne. Dans ce cas, il devient moins cher de racheter un produit plutôt que de faire réparer l’ancien. C’est notamment le cas lorsque le coût d’une pièce est supérieur à l’achat d’un nouvel appareil au complet. Ce qui est aberrant. Pourtant, cette politique est très répandue puisque c’est un excellent moyen de pousser à la consommation.

Stop à l’obsolescence programmée

En prenant conscience de tout cela, on réalise à quel point ces procédés sont vicieux. Nous sommes les dindons de la farce, et en plus c’est la planète qui trinque. En effet, chaque produit exige des ressources (matériaux, usines, employés, logistique) pour sa conception, création et mise à disposition du public. Moins le produit est utilisé, plus ces ressources sont gaspillées. Il est temps de dire stop, vous ne croyez pas ?

Pour plus d’informations, je vous invite à consulter l’infographie particulièrement claire et complète du site Qu’est-ce qu’on fait. Bourrée d’exemples et de statistiques relatives à l’obsolescence programmée, elle donne matière à réfléchir.

Heureusement, de plus en plus de citoyens et de groupes de défense des consommateurs se mobilisent pour pointer du doigt ces pratiques. Les scandales s’accumulent et les Etats se mobilisent à leur tour. Désormais, il existe des lois qui sanctionnent ceux qui cherchent à réaliser des profits en rendant leur produits obsolètes dès leur conception. La France et l’Union Européenne travaillent actuellement à renforcer l’arsenal législatif qui lutte contre ces pratiques.

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